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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 17:55

Notre Dieu n’est pas le leur.

 

L’occasion de procéder à l’expulsion massive des palestiniens et à la création de l’État d’Israël se présenta finalement en 1948. Cette année-là les forces armées juives  vont obliger  plus de 700.000 palestiniens à prendre le chemin de l’exil. Les israéliens et leurs partisans aux États-Unis [et partout en Occident] ont soutenu durant tout le temps que les arabes [palestiniens bien entendu] avaient abandonné leurs terres volontairement, suivant les instructions qu’ils recevaient des dirigeants des pays  arabes de la région. Tous les chercheurs et historiens ont aujourd’hui totalement démonté ce mythe. En effet les dirigeants arabes, au contraire, ont insisté afin que les populations palestiniennes ne bougent  pas de leurs terre mais, devant la terreur et la peur de souffrir une mort violente aux mains des forces sionistes terrifiantes, la majorité  d’entre elles ont fini par s’en fuir. Une fois la guerre terminée (celle de 1948), Israël a interdit le retour des exilés palestiniens. En juin 1948 Ben Gurion donnait instructions afin que tous les moyens soient mis en œuvre pour ne jamais permettre ce retour. Vers 1962 Israël s’était approprié de presque 93% de la terre à l’intérieur des limites de l’État. [Alors, comme on l’a vu plus haut, à la fondation de l’État hébreux en 1948, les juifs ne détenaient que 5% de l’ensemble de la Palestine]

 

Et pour atteindre une telle proportion, il a fallu détruire plus de 531 villages arabes et onze établissements urbains ont été totalement vidés de leurs populations arabes. Moshe Dayan, ancien ministre de Défense d’Israël, s’exprimant sur la catastrophe infligée par les sionistes aux arabes afin de créer l’État juif déclarait : « Nous avons construit nos villages sur les mêmes lieux où il y avait des villages arabes. Personne ne doit se sentir coupable. D’ailleurs personne ne sait les noms de ces villages disparus à jamais. Et comme  il n’y avait ni de manuels de géographie ni des livres,  par conséquent on peut conclure que ces villages arabes n’avaient jamais non plus existé. […] Pourtant c’est sûr, il n’y a rien d’édifié dans ce pays qu’il ne le soit pas sur des constructions arabes antérieures. » Les dirigeants sionistes savaient parfaitement que la création de l’État d’Israël allait entraîner une énorme injustice envers le peuple palestinien. Ainsi l’a dit Ben Gurion en 1956 à Nahum Goldman, le président du Congrès Juif Mondial, « si j’étais un dirigeant arabe, jamais je n’aurais ni cherché  à trouver un accord avec Israël. C’est une réaction naturelle : Nous leur avons confisqué leur pays. Evidemment Dieu nous l’a promis à nous autres mais […] que leur importe à eux ? –  Notre Dieu n’est pas le leur.

 

Il est vrai que nous provenons d’Israël, mais ça fait de ça plus de deux mille ans. Et quel intérêt à ça pourraient-ils eux attacher à cela ? D’autre part l’antisémitisme, les nazis, Hitler, Auschwitz mais […] sont-ils eux les coupables de tout ça ? – Ils ne voient qu’une chose : Nous sommes arrivés et nous leur avons volé leur pays. Pourquoi voulez-vous qu’ils acceptent ça ? […] Berl Katznelson, un allié inflexible de Ben Gurion et un des principaux intellectuels parmi les premiers sionistes, l’a exprimé d’une manière grossière en affirmant que « l’entreprise sioniste est une entreprise de conquête.» Durant toutes les six décennies antérieures à la création de l’État hébreux (Du congrès de Bâle en 1897 à 1948) tous les dirigeants sionistes se sont constamment  évertués à nier toutes ambitions nationales légitimes des palestiniens. Golda Meir qui a fait fonction de premier ministre par exemple a atteint la louche  et non moins grande notoriété à déclarer que ce qu’on appelle «  un palestinien » ça n’existe nulle part. […] Enfin de compte les crimes commis contre les juifs en Europe ne fournissent aucune justification morale pour le droit à l’existence de l’État d’Israël. 

 

3-Les vertueux israéliens et les méchants arabes.

 

Un autre argument moral veut décrire Israël comme un pays qui a toujours à tout moment cherché à faire la paix et a fait montre d’une grande et noble retenue même au moment des graves provocations et des pires harcèlements. Pour le contraire, les arabes n’ont jamais agi, comme prétendu,  en dehors d’une méchanceté bien ancrée dans leur mentalité et avec une violence aveugle. Cette version des faits est un leitmotiv incessant qui se répète dans toutes les déclarations des dirigeants israéliens et tous les défenseurs et protecteurs américains [ou occidentaux en général] d’Israël. […] L’IDF, selon Ariel Sharon et Ehud Olmert, entres autres, est une armée dotée du plus grand sens moral dans le monde.» Cette description du comportement des israéliens constitue un autre mythe.[…] Toutes les recherches et études exclusivement israéliennes prouvent que bien que depuis les premiers sionistes, les israéliens étaient loin d’être des anges envers les palestiniens. Les habitants arabes avaient résisté à toutes les tentatives sionistes pour s’emparer de leurs terres. Quelquefois dans leur résistance ils sont arrivés à tuer quelques uns des envahisseurs juifs ou détruisant leurs maisons.

 

Pourtant cette résistance était bien prévisible quand on sait que les sionistes envisageaient bien de créer leur État sur des terres arabes. « Si j’étais arabe – sincèrement      déclarait Ben Gurion en 1937 – je me rebellerai farouchement avec plus d’amertume et de désespoir contre une immigration qui va un jour convertir la Palestine et tous ses habitants arabes en un territoire de domination juive. » […] Le même Ben Gurion écrira dans son agenda personnel : « La nécessité de réagir avec force et atrocité est inévitable. Il est essentiel d’être précis au moment choisi et prompt à frapper fort dans les lieux déterminés. Toute famille qu’on décide d’incriminer doit être démolie sans compassion, femmes et enfants inclus. Sinon ça ne serait pas efficace. […] Il n’est pas de faire de distinction entre coupables et innocents. Il n’y a rien de surprenant dans ce niveau d’exécution des ordres venant du sommet de la direction sioniste – Ben Gurion qui ne faisait que résumer la politique émergente – conduira  les troupes juives à commettre des atrocités effroyables. En fin de compte l’histoire est jalonnée de guerres livrées entre des peuples différents les uns des autres. Mais indépendamment de tout cela, les atrocités évoquées dans ce cas précis privent  Israël de toute revendication d’un statut moral spécial quelconque.

 

Le comportement postérieur d’Israël envers ses adversaires arabes et envers ses citoyens palestiniens a été continuellement d’une brutalité telle au point de trahir toute aspiration à être considérée comme une conduite morale exemplaire. Entre 1949 et 1956 – par exemple – estime Benny Morris « les forces armées régulières de la sécurité israélienne et les volontaires civiles de la garde armée, avec leurs mines et de leurs bombes piégées ont assassiné un nombre indéterminé d’arabes infiltrés [à l’intérieur de ce qui est devenu l’État d’Israël]. Entre 2700 et 5000. » Il n’y a pas de doute que certains d’entre eux se sont infiltrés pour combattre  les israéliens, mais selon les preuves dont on dispose « l’immense majorité des assassinés n’étaient même pas armés et se sont infiltrés pour des raisons économiques ou sociales. » Morris signale que cette politique de « feu à  discrétion » débouchait sur « une série d’atrocités » perpétrées contre ces pauvres infiltrés.

 

Ces actes ne sont nullement une anomalie. L’IDF assassinèrent à des centaines de prisonniers de guerre égyptiens durant les guerres de 1956 et 1967. En 1967 on a expulsé entre 100.000 et 260.000 palestiniens de la Cisjordanie récemment conquise et plus de 80.000 syriens du Plateau de Golan. Quand des victimes de ces opérations de nettoyage ethnique avaient tenté de regagner clandestinement leurs domiciles, souvent sans arme, les israéliens les ont abattus, sans sommation,  dès qu’ils les ont aperçus. Amnesty International évalue qu’entre 1967 et 2003 Israël  a détruit  plus de dix mille maisons en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. En outre Israël, pour le moins, fut complice durant son invasion du Liban en 1982 de la milice chrétienne qui a causé un carnage chez les réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila. Une Commission d’investigation israélienne avait révélé que le ministre de la Défense, Ariel Sharon était personnellement responsable dans ces atrocités. Aussi louable et admirable soit-il l’effort de la Commission, de pointer du doigt directement vers un haut responsable de l’armée, faut-il aussi le rappeler que postérieurement les votants israéliens vont l’élire au poste de premier ministre. […]

 

Durant la Première Intifada (1987-1991), par exemple, les forces de l’IDF avaient distribué aux troupes des matraques et ont incité les soldats à briser les os des manifestants palestiniens. La délégation suédoise de l’organisation Save the Children a fait public en 1990 un rapport accablant pour les israéliens d’un millier de pages dans lequel sont détaillés les effets de ses évènements sur les enfants dans les Territoires Occupés. Entre 23.600 et 29.900 enfants ont été blessés durant les deux premières années de la [première] Intifada. Le tiers de ces enfants étaient des mineurs de moins de dix ans, un cinquième de l’ensemble de moins de cinq ans. Les quatre cinquièmes de ces enfants ont été frappés sur la tête et la partie supérieure du tronc et en diverses parties du corps. Presque le tiers des enfants ont souffert des fractures des os et souvent des fractures multiples. […] La réponse d’Israël à la Seconde Intifada (2000-2005) a été encore plus violente, ce qui a poussé le journal israélien Haaretz à déclarer que « l’IDF s’est transformé en une machine à tuer d’une efficacité aussi effroyable qu’angoissant. » Les troupes de l’IDF avaient tiré un million de balles durant les premiers jours de la révolte, chose qu’on pourrait difficilement considérer comme une riposte modéré. Tout au long de la révolte, Israël assassina à 3.386 palestiniens entre lesquels 676 mineurs palestiniens. […] Les forces armées israéliennes ont aussi assassiné plusieurs étrangers activistes pour la paix dont une jeune femme américaine [Il s’agit de Rachel Curie qui a été écrasée pour s’être, avec son propre corps, interposée entre le bulldozer et la maison qu’il va finalement aussi faire disparaître de la face de la terre.] de 23 ans en mars 2003. Evidemment le gouvernement israélien ne s’embarrasse jamais d’ouvrir une enquête quelconque sur ces morts civiles et encore moins  de punir les responsables.

 

Ces réalités sur le comportement de l’État d’Israël sont largement étayées par d’innombrables documents et dossiers de la part de très nombreuses organisations de droits humains – entre elles quelques importants groupes israéliens – au-dessus de tout soupçon. Quatre anciens officiers du Shin Bet (L’organisation de sécurité intérieure d’Israël) condamnèrent le comportement d’Israël durant la Seconde Intifada en novembre 2003. L’un d’eux a déclaré : « nous nous conduisons d’une manière honteuse », et un autre l’a qualifié tout simplement de « évidence immorale. »[…] Dans le même sens et de son côté,  Louise Arbour du Commissariat des Droits de l’Homme des Nations Unies a proclamé en novembre 2006 que le « violation des droits humains dans ces territoires est de dimensions massives.» […] En conclusion il y a à peine éléments pour justifier l’exigence qu’on entend et qui veut présenter Israël comme ayant démontré une retenue substantielle dans le traitement qu’il a réservé à ses adversaires.

 

L’affirmation qu’Israël a toujours tenu qu’affronter une menace mortelle tout le long de son histoire, aussi bien de la part des gouvernements arabes  qui sont pour le « refus » que de la part des terroriste palestiniens, relève d’un point de vue qui ne repose sur aucune base comme on l’a vue jusque-là. […] Les palestiniens ont recouru au terrorisme contre les occupants israéliens et quelquefois contre une tierce partie innocente. Leurs intentions de s’attaquer à des civils innocents est indiscutablement une erreur et doivent être condamnées sans palliatifs. Néanmoins ce comportement n’a rien de surprenant car ça fait très longtemps que les palestiniens se sont vus refuser les moindres droits politiques les plus élémentaires. Ça fait très longtemps aussi qu’ils sont convaincus qu’ils ne leur reste aucune autre voie pour arriver à arracher la moindre concession de la part des israéliens. Comme l’a reconnu l’ex premier ministre Barak, si jamais il arrive qu’on soit né lui même entre les palestiniens « il se serait engagé sans hésitation dans une organisation terroriste. »

 

En effet, le terrorisme a été une des tactiques principales qu’avaient employées les sionistes quand ils se trouvaient dans une position de similaire faiblesse durant la création de leur état. Ce sont les terroristes juifs de l’Irgoun de louche célébrité, un groupe de militants sionistes qui à la fin de 1937 avaient introduit en Palestine la pratique, aujourd’hui archi célèbre, qui consiste à utiliser des bombes dans les autobus et les endroits de grands rassemblements. Benny Morris suspecte en ce sens que « les arabes avaient fini par apprendre l’effet des bombes terroristes grâce aux juifs. » Entre 1944 et 1947 diverses organisations sionistes avaient employé des bombes terroristes pour expulser les troupes britanniques de Palestine et avaient enlevé la vie à beaucoup de civils innocents dans leur acharnement. Les terroristes israéliens assassinèrent aussi le médiateur de l’ONU, le comte  Folke Bernadotte, en 1948 parce qu’il s’opposait à leur convoitise sur Jérusalem en proposant, comme premier pas, son internationalisation. Les auteurs de ces attentats n’étaient pas des extrémistes isolés qui agissaient  pour leur propre compte. Les chefs de ce réseau responsables de cet assassinat ont été amnistiés par le gouvernement israélien et l’un d’eux a été postérieurement élu membre de la Knesset.

 

Un autre petit chef terroriste, qui a donné le feu vert pour l’assassinat de Bernadotte, bien qu’il n’ait jamais été jugé pour son acte, a été le premier ministre Isaac Shamir. Il a lui-même explicitement défendu en ces termes « ni l’éthique juive, ni la tradition juive ne peuvent jamais condamner le terrorisme comme moyen de combat. » Plutôt le terrorisme devait « jouer un rôle déterminant dans notre guerre contre l’occupant (britannique). Shamir n’a non plus jamais exprimé le moindre regret pour son passé terroriste et a osé même dire lors d’un entretien en 1998 : « Si jamais nous n’avions pas agi  comme nous l’avions  fait, il est douteux qui nous aurions été capables de créer un État juif indépendant pour nous-mêmes. » Evidemment Menahem Begin, qui a été le chef suprême de l’Irgoun et postérieurement devenu premier ministre fut l’un des principaux terroristes juifs dans les années antérieures à l’indépendance d’Israël. À chaque fois qu’il avait à parler de Begin, le premier ministre Levi Eshkol souvent il l’appelait tout simplement « le terroriste ». 

 

À suivre. Par la force des choses. On a encore, pour soixante ans,  si les mauvais présages du prophète Bush s’avèrent exacte


 

[1] M. José Maria Aznar est l’ex chef  du gouvernement espagnol (1996-2004) Actuellement il s’adonne à combattre le « populisme » en Amérique du Sud.

[2] Posté sur www.nawaat.org en date du 24 juin 2008.

[3] Voir le livre  The Israël lobby and U.S Foreign Policy des deux professeurs universitaires, John J.Mearsheimer et Stephen M. Walt, 2007 page 29.

[4] Idem page 49.

[5] Idem page 23

[6] Idem.

[7] Idem page 27.

[8] Extrait du livre “The Israel Lobby and The U.S Foreign Policy”  page 137.

[9]  John J.Maersheimer et Stephen M. Walt dans le meme livre The Israel Lobby and The U.S. Foreign Policy. Page 145.

[10] L'Industrie de l'Holocauste » est parue début 2001 aux éditions de La Fabrique

[11] Uri Avnery est un journaliste israélien. Son article est posté sur le site www.conterpunch.org/avnery 0415008.html

 

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Published by Tunisie mon pays! - dans monde
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