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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 16:22
Vivre à credit
 

Sun, 31 Aug 2008 11:38:00
Tunisie - Depuis le crash de Batam,I'octroi de credits a la consommation est surtout le fait du secteur bancaire.

Par KongoTimes!

Pour avoir acheté un appartement, une voiture ou même une télévision, plus de 600000 foyers sont aujourd'hui endettes. Les prêts à la consommation explosent, et attisent une vive concurrence.
C'est aujourd'hui un fait établi. Les ménages tunisiens sont de plus en plus endettes. Le nombre total de la population active vivant à crédit est ainsi passe de 50000 personnes en 2003 à plus de 600000 en 2006. Un record historique. De la voiture au téléphone portable, en passant par la télévision et autres biens d'équipement, les tentations sont désormais pléthoriques. La plupart des foyers de la classe moyenne (soit 80 % de la population) n'hésitent plus à s'endetter à long terme, sur quinze ou vingt ans, pour satisfaire leurs besoins et leurs envies les plus folles. Conséquence: les prêts à la consommation explosent. Et les chiffres sont la pour en témoigner.
Selon les données publiées par la Banque centrale de Tunisie, le nombre total des crédits à la consommation aurait double depuis 2003 et s'élèverait à 3,95 milliards de dollars pour 1'année 2006. Plus particulièrement, le volume des crédits qui ont servi à couvrir les dépenses courantes a connu une croissance de 1'ordre de 26 % entre 2005 et 2006, atteignant 2,05 milliards de dollars. Une tendance qui s'est confirmée en 2007. « Plus de 80 % de notre clientèle à recours au crédit pour effectuer leurs achats sur place, explique le gérant d'un magasin d'électroménager en plein centre-ville de Tunis.
Et même si le nombre des retards de remboursement aux crédits fournisseur (paiements d'achats par tranches) augmente, 1'activité reste tout de même profitable. » Pour répondre a cette demande en nette progression, la plupart des commerces proposent aujourd'hui des plans de remboursement a long terme. Cette pratique, qui n'a rien de nouveau, avait déjà été démocratisée au début des années 2000 par 1'ancien géant de la distribution, Batam. Victime d'une expansion trop rapide et du laxisme des banquiers, qui accordaient crédits sur crédits les yeux fermes, la plus grosse entreprise de vente à crédit a fini par s'effondrer.
A cote des dépenses courantes, c'est encore et toujours le logement - première préoccupation des ménages - qui fait exploser la demande de crédits. Alors que 80 % des Tunisiens sont propriétaires, le remboursement des crédits à 1'habitat représente environ 40 % du revenu disponible des ménages. « Nous avons acquis notre appartement de trois pièces, situe a El-Mourouj (quartier sud de Tunis), grâce a un prêt de la Banque de 1'Habitat. Mais quasiment tout notre salaire y passe », explique un couple de trentenaires. Autrefois considère comme la chasse gardée de la Banque de 1'Habitat, le « crédit logement », encore appelé « crédit foyer », est désormais pratique par la plupart des banques commerciales de la place, qui se livrent aujourd'hui une lutte sans merci pour attirer et fidéliser la plus grosse clientèle possible. La large gamme de choix de prêts permet ainsi aux salaries de bénéficier d'un crédit leur ouvrant l’accès à la propriété. Ce prêt offre la possibilité d'acquérir un logement neuf ou ancien, de construire une maison ou encore d'acheter un terrain.
Dans ce contexte d'offre immense, 1'Attijari Bank (anciennement la Banque du Sud) propose trois types de produits pour séduire les accros des crédits a la consommation. Le crédit Tahssin, destine à financer des travaux de rénovation; le crédit Ardhi, permettant d'acheter un terrain; ou encore le crédit Melki, pour accéder a la propriété. « Bien sur, en termes d'offres de crédit, les institutions financières redoublent aujourd'hui d'originalité et d'ingéniosité, car la concurrence est rude », confie un chef d'agence de la région de Sousse. C'est particulièrement vrai dans le cas d'un crédit très populaire: le crédit auto. Propose par la grande majorité des banques tunisiennes, ce type de crédit a la consommation permet de financer l'achat d'une voiture de tourisme a hauteur de 70 % de son prix TTC s'il s'agit d'un véhicule neuf, ou a hauteur de sa valeur estimée par 1'institution financière dans le cas d'un véhicule d'occasion. Preuve du succès de ce produit: entre mai 2005 et mai 2006, le volume des crédits ayant servi au financement de véhicules neufs a augmenté de 33 %. Un record! Aux offres classiques (crédit logement, crédit auto, etc.), s'ajoutent le crédit immédiat, ainsi que des offres plus spécialisées, telles que le prêt bancaire pour 1'acquisition d'un ordinateur ou encore le prêt étudiant, par exemple.
Face à la progression du marché des crédits à la consommation, ce sont surtout les banques qui en profitent. En permettant aux ménages de s'équiper, d'acheter une voiture ou un logement, bref de s'endetter, les établissements financiers - mis a part le fait de se rapprocher de leurs clients - améliorent également leurs dépôts et ainsi font mieux fonctionner la machine économique en encourageant ces produits financiers. Hormis les banques, la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS), et ce même s'il ne s'agit pas de leur vocation première, accordent aussi ce genre de financement, a certaines conditions. Quant aux sociétés spécialisées dans le crédit a la consommation du type Cetelem ou Sofinco en France, elles brillent par leur absence sur le marché tunisien. Tasshil, une société partenaire de 1'Union Internationale des banques a propose quelque temps des crédits pour financer les achats relatifs a tout appareil électroménager ou informatique, 1'acquisition de voiture, les améliorations de 1'habitat ou encore l'achat de meubles. Mais au bout de quelques mois de fonctionnement, 1'aventure à tourne court.
Aujourd'hui, le marche des crédits à la consommation est, et reste plus que jamais, aux mains des banques, qui ont fortement incite et encourage 1'endettement des ménages, considéré autrefois comme un formidable moyen permettant a certaines catégories a court de capacités de financement d'accéder a la consommation. Mais depuis quelque temps, la donne a change. « II y a une course effrénée et parfois dangereuse à la consommation et aux crédits. C'est une nouvelle culture qui a fait son apparition et, en tant que banquiers, nous devons en tenir compte », explique un responsable de la Banque de Tunisie. C'est dans ce nouveau contexte que la plupart des responsables d'institutions financières insistent sur la nécessaire professionnalisation de 1'activité. Le crédit à la consommation est un véritable métier, il implique une connaissance et une maitrise de la technologie des risques et de 1'endettement, avec la mise en place d'un outil informatique performant. « Entre les crédits fournisseur et les crédits bancaires, je ne m'en sors plus. Actuellement, il ne me reste plus qu'une infime partie de mon salaire pour vivre, soit 50 DT par mois », déplore un fonctionnaire. C'est pour éviter ces situations extrêmes que les responsables du système financier et les autorités tunisiennes s'orientent pour 1'avenir vers une plus grande sévérité dans le processus d'octroi des crédits a la consommation, moyen de financement qui a fait le bonheur, et parfois le malheur, en cas de grave surendettement, des fameuses « classes moyennes » tunisiennes.
Reste à savoir si ces nouvelles contraintes ne vont pas conduire certains ménages à se tourner vers des modes de financement parallèles. En effet, découragés par les garanties exigées pour 1'obtention d'un crédit a la consommation, de plus en plus de Tunisiens se sentant exclu des circuits classiques, n'hésitent plus a s'orienter vers l'usure. « J'ai été aborde dans une banque par un usurier qui m'a propose de me faire un crédit en deux heures en échange de chèques », confie un instituteur originaire de Meknès. Et malgré des taux d'intérêt largement excessifs, voire franchement prohibitifs, nombreux sont aujourd'hui les ménages qui cèdent quand même à la tentation.


Sonia Mabrouk 
 
(Source: "KongoTimes"  RD Congo le 31 aout 2008)

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Published by Tunisie mon pays! - dans FINANCE
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