Reuters, le 1er mai 2008 à 09h29
Rama Yade dit avoir abordé tous les sujets sans tabou en Tunisie
PARIS, 2 mai (Reuters) - Rama Yade a justifié vendredi son silence sur les droits de l'Homme lors de son voyage en Tunisie aux côtés du président Nicolas Sarkozy cette semaine et dit avoir largement abordé le sujet avec les autorités tunisiennes.
Des associations ont déploré le silence de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme et les paroles de Nicolas Sarkozy, selon qui "l'espace des libertés progresse" dans le pays. "Dans un voyage d'Etat du président de la République, les ministres ou les membres de la délégation qui l'accompagnent ne sont pas sensés s'exprimer", a dit Rama Yade au micro d'Europe
1. "Dans ces moments, le porte-parole de la France, c'est le président de la République." Selon Rama Yade, toute son action sur place a été consacrée aux droits de l'Homme.
"Je ne suis pas venue pour faire tapisserie, je préfère agir plutôt que de parler", a-t-elle dit. Elle a cité sa rencontre avec la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, des femmes de la société civile "et les autorités
tunisiennes, avec qui j'ai discuté de tous les sujets, sans aucun tabou, sans aucune limite: torture, censure, peine de mort, accès du territoire..."
Selon Rama Yade, des responsables tunisiens l'ont assuré de futurs progrès sur la censure, l'accès des rapporteurs des Nations Unies au pays et la possibilité de visite des prisons par l'association Human Rights Watch.
"Maintenant, on va voir dans les faits", a-t-elle ajouté. "Je suis un responsable politique, on n'est pas dans une classe: on parle quand on a envie de parler, on ne parle pas quand on n'a pas envie de parler", a encore déclaré Rama Yade.
"Si j'avais dit quelque chose, certainement ces commentateurs (journalistes) auraient été les premiers à parler de couac ou de cafouillage", a-t-elle ajouté.
REUTERS
Associated Press, le 1er mai 2008 à 13h11
Rama Yade se défend d'avoir fait "tapisserie" en Tunisie
PARIS (AP) -- La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade s'est défendue vendredi d'avoir fait "tapisserie" lors du voyage du président en Tunisie, assurant avoir discuté "de tous les sujets, sans aucun tabou" avec les associations et les autorités tunisiennes.
"Je ne suis pas venue non plus pour faire tapisserie. Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait", s'est-elle justifiée sur Europe-1.
Elle avait rencontré notamment le président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), Mokhtar Trifi, qui s'était déclaré "un peu déçu" au sortir de son entrevue avec la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme.
"J'ai aussi rencontré les femmes de la société civile, avec qui on a parlé de la situation des femmes et les autorités tunisiennes (avec) qui j'ai discuté de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite: torture, censure, peine de mort", a-t-elle affirmé.
"A travers mes rencontres, les sujets abordés (...) vraiment en détail, avec les autorités et les ONG, je crois qu'on a bien montré que notre intérêt se portait aussi sur les libertés, et que là-dessus effectivement il y avait des efforts assez grands, importants à faire", a-t-elle reconnu.
Nicolas Sarkozy, en visite officielle en début de semaine en Tunisie, avait estimé lundi que dans ce pays, "l'espace des libertés progresse" et relevé "des signaux encourageants" dans ce sens.
Associated Press