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MAGHREB CONFIDENTIEL N° 834 du 22/05/2008
TUNISIE
Dangereuse ruée sur l’immobilier
Le marché de l’immobilier continue d'attirer les investisseurs, bien que 80% des Tunisiens soient déjà propriétaires de leurs logements. L’engouement pour ce secteur a même très fortement augmenté au cours des deux dernières années, si bien que la plupart des grands groupes locaux y sont impliqués. Certains sont présents sur le marché de longue date, telles les enseignes Mabrouk, Karthago, TTS, Mzabi, Alliance, Tanit, Arem, Bouricha, Al Majd Holding, Ben Jemaa, Horchani, etc., et ne cessent de s’y consolider. D’autres ont opéré leur positionnement ces dernières années, notamment depuis 2006. C’est le cas des entités de Moncef Abdelmoula et de Chakib Nouira, actifs dans le textile ; de Mohsen Boujbel, présent dans l'agroalimentaire ; Abdelhamid El Khechine, Abdelhamid Mehdoui et M’hamed Driss (hôtellerie), Fathi Hachicha et Hédi Ben Ayed (électroménager), Fathi Ghali (batteries automobiles), Férid Abbès (pétrole), Poulina ainsi que Fahd Mohamed Sakher El-Materi (automobile, transport maritime). En moins de deux ans, ce dernier s’est doté d’un pôle immobilier fort de quatre sociétés. Cette ruée étonne d’autant plus que l’on estime à plusieurs milliers le stock de nouveaux logements invendus. Un phénomène que les investissements venus des pays du Golfe risquent d’aggraver. C’est du moins ce que pensent plusieurs députés, tant de l’opposition que du RDC, le parti au pouvoir. Lors du débat sur la convention liant l’Etat au groupe Bukhater, promoteur de Tunis Sports City, organisé le 5 mai à la Chambre des députés, plusieurs élus se sont montrés sceptiques quant au bénéfice pour la Tunisie de ce genre de projets. Les milieux diplomatiques occidentaux partagent aussi ces doutes. Pour eux, le risque d’un crash immobilier - avec ses lourdes conséquences pour le système bancaire - est moins hypothétique que par le passé.